Eco-design

Cocobohème, l’éco design à la française

Set de table et pelle à tarte Cocobohème éco design

Allier design et écologie ? Une évidence pour Catherine Fouchard, créatrice de la marque Cocobohème ! Si en 2006, son aventure a véritablement débuté grâce à la création de stickers ardoise, Cocobohème propose maintenant à la vente un éventail d’objets aussi divers qu’élégants, et surtout éco design. Pour cela, Catherine Fouchard privilégie le « made in France », acceptant de fait de réduire ses marges. Si d’aucuns pourraient trouver ce choix insensé dans une société où l’on accorde une grande importance à l’argent, c’était pour elle une évidence. D’ailleurs elle s’estime plus libre dans ses choix, des matières premières aux artisans avec lesquels elle collabore. Catherine Fouchard a gracieusement accepté de nous en dire plus :

« Je n’ai pas une seule et unique source d’inspiration, mais plusieurs facettes »

Vous concevez vous-même une partie des produits commercialisés sous la marque Cocobohème, mariant calebasses africaines et motifs classiques, alliant la noblesse du bois à la délicatesse de la dentelle… Où puisez-vous votre formidable inspiration ?

Dans l’équipe, c’est moi qui m’occupe de la direction artistique de l’ensemble de la création. Avant le lancement de Coco Bohème, j’avais déjà une expérience en design et graphisme, ayant travaillé comme directrice artistique et collaboré avec des enseignes comme Le Printemps… Je possédais donc déjà un savoir-faire en la matière, et j’ai logiquement souhaité monter ma propre structure, afin de pouvoir m’exprimer plus librement. J’ai pour habitude de me servir de tout ce qui passe autour de moi comme source d’inspiration, c’est ce que je fais plus ou moins depuis trente ans.

Je me sens inspirée par mon héritage français, au sens large, et l’énergie de Paris (je suis parisienne de naissance) : les grands boulevards, la mode, les parfums, les marchés…Sont autant d’images typiquement parisiennes dans lesquelles je puise mon inspiration, et que je revisite pour créer des objets dans l’air du temps. C’est cette alliance de tradition et de modernité que l’on retrouve dans les plats à tarte, mariage de l’effet de napperon que l’on trouvait auparavant chez les pâtissiers et l’aspect rugueux du bois.

Set de table et pelle à tarte Cocobohème éco design

J’aime beaucoup les oppositions, les jeux de matières : les calebasses, que je me procure dans le Quartier de la Goutte d’Or (où j’habite) me permettent de marier les cultures, avec leurs motifs très classiques. On retrouve également cette opposition dans les bavoirs, par exemple, où des images très enfantines sont imprimées sur un support des plus écologiques, la fécule de pommes de terre.

En résumé, comme tout un chacun, je n’ai pas une seule et unique source d’inspiration, mais plusieurs facettes.

« L’ éco design n’est pas une option: il fait partie intégrante
de mon cahier des charges »

La question d’éco-responsabilité est-elle prégnante dès le début de la conception de vos produits ou vient-elle plus tard ?

Les deux sont toujours mélangés. Dans tous les produits que je conçois, l’ éco design n’est pas une option: il fait partie intégrante de mon cahier des charges.

Bien avant que l’on parle de « made in France », je me sentais concernée par la nécessité de promouvoir les entreprises locales, et les matières écologiques, habitant dans une grande ville. On y ressent en effet peut-être plus encore les effets de la pollution et de la surconsommation.

Pour moi, écologie et développement durable sont indissociables, et ils vont de pair avec une dimension sociale. Ainsi, le dernier story poster que nous avons sorti est imprimé à Paris, puis mis en sachet dans un centre d’aide par le travail à proximité du XVIIIe arrondissement. Bien sûr, il n’est pas toujours possible de travailler avec des artisans hyper locaux, par exemple, les cintres à tête d’animaux sont sérigraphiés dans le Béarn.

Set de table et pelle à tarte Cocobohème éco design

A l’inverse des grosses structures, qui pratiquent les appels d’offre et changent de prestataires en fonction de leurs besoins, nous instaurons des partenariats sur le long terme. Nous avons choisi délibérément ce modèle économique, avec toutes les difficultés que cela comporte en ce moment. En effet, nous sentons vraiment les effets de la crise, en tant que petite entreprise. Ce modèle n’est donc pas toujours facile à assumer… Pour autant on ne le regrette pas, on apprend toujours.

S’il y a une chose que je pourrais regretter, ce serait, en tant que petite structure, de n’avoir pas pu assez m’entourer d’experts aux débuts de l’entreprise, et ainsi me faire conseiller. En d’autres termes, en notre qualité de petite structure, nous avons acquis au fil du temps un savoir-faire commercial stratégique au long cours, tandis que de plus grosses entreprises en ont les moyens dès leurs débuts.

« L’ éco design se travaille dans la durée »

Cocobohème se veut une marque d’ éco design. Comment cela se traduit-il dans le choix des matières premières et des artisans avec lesquels vous travaillez ?

Cela se traduit essentiellement par de longues recherches, mais aussi par de nombreuses rencontres, un artisan ou un matériau que l’on découvre…Il y a un an, nous avons travaillé sur une gamme de produits à base de chutes de cuir reconstituées avec du latex, à l’issue justement d’une rencontre faite avec une personne spécialisée dans ce type de produits écologiques.

Pour une structure comme la nôtre, ces recherches sont l’un des pieds de la table: si l’on ne trouve pas les les bons matériaux, la table est bancale. En effet, la recherche de matériaux est essentielle, car elle induit le prix, l’originalité, l’aspect écologique…Ainsi, avant que nous lancions la gamme de bavoirs en fécule de pommes de terre, ce matériau ne servait qu’à la conception de sacs plastiques en grande distribution.

En résumé, l’ éco design se travaille dans la durée. On touche au design, bien sûr, mais on n’utilise pas le même bois pour tel ou tel objet, de même on ne peut pas se servir de la fécule de pomme de terre pour créer des objets trop durs, car cela impliquerait de rajouter beaucoup d’autres produits (pétrole…), et cela n’aurait plus de sens…En revanche, les bavoirs, qui de par leur composition sont compostables, cela a du sens, d’ailleurs c’est sans doute notre produit qui a le plus de sens en termes d’ éco design.

Note ❤️ : C’est très probablement grâce à la belle marque Cocobohème, découverte au hasard de mes épopées décoration sur la Toile, que le terme « éco design » a pris tout son sens pour moi. Et si depuis, j’ai découvert de belles boutiques où l’éco design règne en maître, le plaisir de me promener chez Cocobohème reste intact. Je ne me lasse pas d’admirer la délicatesse de ses créations, avec cette certitude réconfortante qu’elles sont aussi belles à l’extérieur qu’à l’intérieur, de par la rencontre de l’esthétique et de l’éthique.

Crédit photo : Et si deux mains

* Article initialement publié le 4 mai 2016 sur mon précédent blog.

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J’aime: écrire, encore et encore, découvrir, apprendre, m’apprendre, rire de tout (ou presque), rire de rien (surtout), rire de moi (et pourquoi pas?!), marcher, marcher, ne surtout pas me poser, m’enthousiasmer de ces petits riens qui mis bout à bout forment un tout…

3 Comments

    • Avec grand plaisir Corinne, si ce portrait vous plaît, j’en suis ravie 🙂 , je reconnais avoir pris plaisir à écouter Catherine qui est passionnante 🙂 !! Belle journée à toi aussi, et bon week-end si tu fais le pont 😉

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