LES INSPIRANTES

Mon petit drap : Marina cultive son âme d’enfant pour créer

Doudou Mon petit drap et tapis HK Living

Garder son âme d’enfant, c’est conserver cette faculté innée de s’émerveiller de ce qui nous entoure et de faire de chaque nouvelle découverte un prétexte à (s’) écrire de nouvelles histoires, de celles qui nous procurent un doux frisson tant elles résonnent en nous. Nos vies denses nous poussent pourtant, au gré des évènements qui la rythment, à faire taire notre enfant intérieur, jusqu’à finir par l’oublier… Marina, créatrice de Mon petit drap, a su, elle, préserver et cultiver son âme d’enfant que tant d’entre nous perdent. D’ailleurs, c’est grâce à elle que ses douces créations mêlant à la perfection savoir-faire d’ici et d’ailleurs voient le jour sous ses mains :

Petite, j’étais très rêveuse et déjà créative : j’ai toujours façonné des objets de mes mains. Dès l’adolescence, j’ai commencé à créer pour les enfants, essentiellement des doudous surtout. J’écrivais de doux contes pour eux dans mes petits carnets. Depuis que je n’étais tout à fait moi-même une enfant, je rêvais de faire scintiller de milliers d’étoiles les yeux des plus jeunes, en leur ouvrant une passerelle sur l’imaginaire, propice à emplir leur coeur de doux souvenirs. A mon sens, l’enfance est une période primordiale de notre vie. Et, plus encore, l’essence même de l’adulte que nous devenons. D’ailleurs, je ressens toujours très présente en moi cette petite fille que j’étais :

Mon petit drap, créations à l'âme d'enfant

 J’ai gardé mon regard et mon âme d’enfant, c’est avec elle que je crée

Je mets tout mon coeur à insuffler un peu de magie, à parsemer de douceur et de poésie les objets du quotidien. Je désire profondément créer des objets qui traversent le temps, telles des madeleines de Proust : j’espère que les doudous ou tenues Mon petit drap sauront éveiller de doux souvenirs chez les enfants, une fois grands. C’est animée par ce désir que j’ai créé Mon petit drap. A lui seul, ce nom représente ce que je souhaite transmettre via mes créations, leur âme. J’ai pourtant longuement hésité, d’abord animée par l’envie de mettre à l’honneur mes racines basques.

Et, un matin, ce nom s’est imposé comme une évidence : ma marque ne pouvait que porter le nom de mon doudou de petite fille, ce petit bout de drap qui me suivait partout et que j’appelais tendrement « Mon petit drap »… Même si j’avais pour cela renoncé à mon amour pour la culture basque, ce nom avait du sens car il venait du coeur et représentait mon attachement si fort à la petite fille que j’étais. D’ailleurs, quand j’esquisse les contours d’une nouvelle création, je me demande toujours, avant de créer, si elle m’aurait plu. Sous ce nom, je crée des doudous, mobiles, illustrations, tenues… Et même un conte pour enfants, en vente dans les librairies du Pays Basque.

Doudou Mon petit drap et tapis HK Living

❝ La vie est courte, pourquoi se contenter d’un peu seulement
quand on peut tout faire ? ❞

Au moment de dessiner mon avenir professionnel, j’ai hésité, virevolté, butiné… Il existe tant de métiers artistiques inspirants ! Je pressentais qu’un seul, parmi tous ceux qui me faisaient vibrer, ne suffirait pas à me combler. Pourtant, je savais au fond de moi qu’il m’était impossible de tous les réaliser en même temps, sinon je me serais éparpillée puis perdue… Les choses se font quand elles doivent se faire, au gré de notre chemin de vie.

J’ai donc déployé mes ailes dans le design textile, le stylisme et la couture. J’ai pu y apprendre à dessiner, peindre, concevoir, créer en développant mon univers personnel. Si étudier aux Beaux-Arts m’avait traversé l’esprit auparavant, je souhaitais une formation moins généraliste, pour apprendre un savoir-faire alliant la création à travers le tissu et le monde de l’enfance… Et ainsi marier mes deux amours premières. C’est ainsi que je suis devenue « styliste et créatrice pour enfants ».

Malgré tout, il me manquait ce lien que j’affectionne tant avec les enfants… Je me suis donc formée à la méthode Montessori afin de travailler auprès de jeunes enfants (trois à six ans). Puis, désireuse d’aider encore plus les enfants à bien grandir, j’ai créé un jardin d’enfants Montessori en septembre 2017. A force de patience et de persévérance, je suis parvenue à réaliser tout ce que j’aime : créer tout en étant auprès des enfants.

Mon petit drap, créations à l'âme d'enfant

❝ J’essaye de créer des objets porteurs de sens et d’histoires
pour en conter de nouvelles… ❞

Avec Mon petit drap, je souhaite transmettre l’importance des belles matières et des objets qui ont une âme et une histoire, du sens et surtout de la douceur et de la poésie. Pour les jeunes enfants, bien sûr, mais pas seulement :  nous ne sommes tous que des enfants qui ont grandi… Ainsi, je suis désireuse de créer des objets chargés d’âme, avec une raison d’être, des objets qui nous appellent et nous font vibrer. Bien sûr, j’accorde de l’importance à l’esthétisme, mais la beauté seule ne suffit pas pour donner du sens aux objets que je façonne de mes mains…

Mue par cette envie de donner du sens, j’achète une partie de mes tissus à un tisserand sénégalais, mêlant ainsi nos deux savoir-faire tout en me plaçant dans une démarche éthique. C’est lors d’un voyage au Sénégal, dont je suis tombée amoureuse, en plein désert, que j’ai croisé la route en plein désert d’un tisserand qui tissait fil par fil ces beaux tissus. Quand mon regard s’est posé dessus, c’était une évidence :

Mon petit drap, créations à l'âme d'enfant

Un tissu magnifique, robuste et de qualité, tissé à la main par un vieil homme aux mains ridées pleines d’expérience et de vie

… Et qui, là-bas, sert de pagnes ou langes de portage pour les bébés, enveloppés dans les bras tendres de leur maman. J’ai ressenti un véritable coup au coeur : j’avais trouvé le tissu parfait, avec une empreinte unique, un caractère propre, riche en histoire et en savoir-faire. C’est ce qui confère à mes créations leur âme et leur sens. Si je devais résumer l’essence de Mon petit drap en quelques mots seulement, je dirais que j’essaie de créer des objets porteurs de sens et d’histoires pour en conter de nouvelles …

Note  : A elle seule, l’idée de préserver et, plus encore, cultiver son âme d’enfant m’émerveille. C’est probablement l’un des aspects qui provoque en moi le plus de ravissement chez Marina, il se fait si rare ! Je partage par ailleurs avec elle cette idée aujourd’hui bien ancrée que le seul esthétisme ne suffit pas à faire la beauté d’un objet. Ce qui la rend belle, vraiment, c’est l’histoire qui est ancrée en elle, “l’empreinte de l’effort” de celui qui l’a façonné patiemment de ses mains. Ne ressentons-nous pas plus d’apaisement et de sérénité quand nous nous entourons de seulement quelques objets, mais des objets qui ont une âme, dont l’histoire semble faire écho en nous ? C’est ainsi qu’à notre tour nous perpétuons l’histoire, comme le souhaite Marina, comme l’espère chaque main qui crée.

Crédit photo : Et si deux mains

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J’aime: écrire, encore et encore, découvrir, apprendre, m’apprendre, rire de tout (ou presque), rire de rien (surtout), rire de moi (et pourquoi pas?!), marcher, marcher, ne surtout pas me poser, m’enthousiasmer de ces petits riens qui mis bout à bout forment un tout…