Artisanat, portrait, Textiles

La Cotentine Moderne, bergère engagée

Infusions la Cotentine Moderne, bergère

 La Cotentine Moderne est le nom de l’exploitation agricole créée par Stéphanie en 2011. Femme dans un milieu d’hommes, Stéphanie veut lutter contre les préjugés et les dérives du système. Fermement convaincue que l’agriculture ne peut, contrairement au modèle dominant, être une agriculture de masse, standardisée et spécialisée, Stéphanie se positionne à contre-courant. De par sa qualité de bergère, elle défend sa propre idée du terroir :

« L’agriculture doit au contraire être ouverte et créatrice de passerelles »

Pour Stéphanie, l’agriculture doit au contraire être ouverte et créatrice de passerelles.

Si  définit volontiers comme « bergère des mers », l’élevage de brebis dans les Prés-salés de la Manche étant son activité principale, c’est loin d’être la seule et unique ! Confection d’accessoires en laine, production de tisanes, visites-découvertes et goûters à la ferme, animations d’évènements…Stéphanie multiplie les activités annexes à son métier de bergère, parmi lesquelles la réhabilitation d’une espèce menacée, le mouton de l’Avranchin.

Infusions la Cotentine Moderne, bergère

Et ce n’est pas tout ! La Cotentine Moderne, c’est aussi un blog, l’occasion pour nous de dessiner les contours de la passion qui anime Stéphanie… Et d’y découvrir une femme engagée, si cela n’était pas déjà fait.

Au moyen de fabuleux dessins de son cru, elle nous y dévoile son quotidien et s’efforce de nous sensibiliser aux dysfonctionnements qu’elle relève dans l’agriculture d’aujourd’hui. C’est joli, c’est drôle, et surtout, cela donne matière à réflexion.

En découvrant un peu de Stéphanie via son blog, j’ai eu envie d’en savoir (beaucoup) plus…Et notamment, de comprendre ce qui l’avait poussée à se lancer. C’est maintenant chose faite !

Infusions la Cotentine Moderne, bergère

« Devenir entrepreneuse, que l’on soit bergère ou autre,
c’est décider de changer de destin ! »

C’est sortir un jour dans la cour de récré en ayant envie de défier les chefs de bande plutôt que jouer à la marelle. Envie de rentrer dans la mêlée de notre société plutôt que la regarder.

On se lance quand on réalise qu’on a les compétences adéquates, les épaules solides, et les dents assez acérées pour créer sa propre activité et fonder une équipe dans son sillage. Mais on se lance aussi quand on accepte le risque de l’échec (et qu’on y survivra largement !).

On « passe à l’acte » de la création d’entreprise pour mieux se connaître et se confronter au reste du monde. Il y a une idée d’introspection mais aussi de combat… Un combat contre quoi ? Contre les idées préconçues, contre la réglementation qui décourage les initiatives audacieuses. Contre l’hégémonie masculine dans le monde du travail, contre les codes d’un milieu qui n’accepte pas les profils différents. Et enfin contre le « système » qui domine et qui a conditionné les mentalités. Se réapproprier sa liberté de pensée est nécessaire, afin de repenser le monde qui nous entoure.

« On gagne tellement en liberté, en confiance et en passion »

La relation entre argent et effort va forcément être un choc les premières années, d’où la nécessité de rehiérarchiser ses priorités personnelles. Mais on a tellement gagné en liberté, en confiance et en passion ! De fait, on survit très bien à quelques renoncements matériels. D’ailleurs, qu’est-ce que ça fait du bien de s’alléger et de s’affranchir de la société de consommation… !

Pour déployer pleinement ses ailes de chef d’entreprise, quelles sont mes suggestions ? Une langue déliée, une générosité humaniste, une image positive de soi et des gants de boxes.

Et enfin, on se lance quand on est persuadée que notre projet va tellement  améliorer le monde qu’il est tout simplement indispensable de le mener à bien ! »

Un immense merci à Stéphanie d’avoir accepté de s’être dévoilée, pour ma part, il me tarde de découvrir ses prochains dessins engagés !

Et vous, quelles seraient VOS raisons pour vous lancer ?

Crédit photo : Et si deux mains

* Article initialement publié le 15 avril 2016 sur mon précédent blog.

Filed under: Artisanat, portrait, Textiles

by

J’aime: écrire, encore et encore, découvrir, apprendre, m’apprendre, rire de tout (ou presque), rire de rien (surtout), rire de moi (et pourquoi pas?!), marcher, marcher, ne surtout pas me poser, m’enthousiasmer de ces petits riens qui mis bout à bout forment un tout…