Minimalisme, Slow life

Pourquoi l’écologie amène-t-elle au minimalisme et inversement

Ecologie et minimalisme

New-York, années 60 : des artistes s’approprient la philosophie chère à l’architecte Mies Van Der Rohe, « less is more » (littéralement « moins est plus »), donnant naissance à l’art minimal (que l’on connaît aussi sous le nom de minimalisme). Des formes simples, géométriques, lisses, souvent répétitives, que d’aucuns jugeront froides et sans âme. C’est de ce courant artistique que la décoration dite minimaliste tire son nom. Pour autant, n’est-il pas réducteur de considérer le minimalisme comme un simple aménagement intérieur ?

Le minimalisme, plus qu’un art, un véritable art de vivre invitant à amorcer une réflexion écologique

A en croire la définition donnée par Larousse, l’art minimal est « une tendance de l’art contemporain qui réduit l’œuvre à des formes d’une extrême simplification géométrique, ainsi qu’à des modalités élémentaires de matière ou de couleur ».

Appliqué à notre intérieur, cela donnerait une atmosphère épurée et des pièces débarrassées de tout superflu. Comme cela peut sembler dénué d’âme sur le papier ! Sauf si… Sauf si cet aménagement intérieur n’est pas motivé par nos seuls goûts en matière de décoration – bien que ce soit tout à fait respectable -. Si, comme Angie (County Road Living), un intérieur épuré et sans superflu est justifié par notre philosophie. Un souhait de revenir à l’essentiel, de renouer avec la simplicité.

Ecologie et minimalisme

Là, loin de se cantonner à n’être qu’un art, le minimalisme devient un réel art de vivre. Il semble en effet suivre plusieurs étapes, à commencer par une bonne connaissance de soi : quels sont nos réels besoins et envies ? Une fois que l’on a pris conscience de ce qui nous est réellement nécessaire pour vivre, on peut envisager sereinement de désencombrer son intérieur. Et c’est cette même connaissance de soi qui viendra conscientiser notre acte de consommation. En effet, celui-ci sera dicté par la réponse à une simple question : cet objet m’est-il essentiel ?

A mon sens, l’essentiel regroupe nos seulement nos besoins primaires (se nourrir, se loger, se sentir en sécurité…) mais aussi ceux qui participent de notre bien-être (physique et moral). En d’autres termes, le minimalisme n’implique pas mener une vie d’ermite et renoncer à tout ce qui nous fait plaisir… Mais simplement de ne pas céder à toutes nos envies, qui pour beaucoup, si l’on s’accorde (vraiment) le temps de la réflexion, se révèlent futiles et passagères… On y gagne en place, certes, mais aussi et surtout en sérénité, qui va de pair avec une vie tournée vers plus de simplicité.

Placer ses préoccupations au-delà de nos simples possessions. Apprendre à se connaître. Redonner de l’importance à ce qui mérite réellement notre attention. Revenir à plus de simplicité. Autant de désirs qui s’emparent de nous dès lors que l’on amorce un cheminement écologique…

Ecologie et minimalisme

Le minimalisme comme suite logique du cheminement écologique

Au commencement du cheminement écologique, il y a la prise de conscience. Que décidément, ce Monde ne tourne pas rond et qu’il ne tient qu’à nous d’y remédier, chacun(e) à notre portée. Que posséder encore et toujours plus, se lasser, acheter à nouveau, encore, toujours, plus, et encore et toujours plus n’a aucun sens… Cela nous rend-il même heureux ?

Une fois que la réflexion a fait, lentement mais sûrement, son chemin en nous, vient le moment d’agir. Pour d’aucuns, désencombrer son intérieur pièce par pièce sera un premier pas, réduire ses déchets en sera un autre. Autant de petits gestes qui amènent, doucement, presque imperceptiblement, à réfléchir sa consommation… Pour finalement en arriver à consommer autrement, pas par contrainte, non, mais parce que (presque) chaque acte d’achat revêt du sens.

En cela, le cheminement écologique incite à une réflexion plus globale que le minimalisme. Quand celui-ci pourrait, à mon sens, se résumer à la seule question de savoir si un objet nous est essentiel ou non, la réflexion écologique va au-delà. Elle amène en effet à prendre en compte non seulement notre besoin, mais aussi la dimension éthique de l’objet de notre convoitise : quel est son impact écologique, dans quelles conditions est-il fabriqué… ?

Et quel que soit ce premier geste qui amorce ce cheminement écologique, finalement, peu importe. Ce qui compte, c’est le fait que ce geste en entraîne un second puis un autre et encore un autre… Tant et si bien que pris dans son ensemble, notre cheminement vers un mode de vie plus respectueux de ce qui nous entoure nous amène à posséder moins mais mieux. Une philosophie qui, bien que plus aboutie, ressemble à s’y méprendre au fondement de l’art minimal…

Ecologie et minimalisme

Minimalisme & Ecologie : doit-on renoncer à tout plaisir des yeux ?

Ne vous méprenez pas, je suis loin d’être un exemple de minimalisme (ni même d’écologie) dans le sens le plus strict du terme, bien que mon dressing comme ma salle de bains, par exemple, soient vides de tout superflu.

Non, mon intérieur n’est pas fait que de surfaces lisses et blanches, à mon sens fades et manquant tellement, tellement cruellement d’âme. Non, je ne boude pas mon plaisir à m’offrir, de temps en temps, une belle pièce (toutes proportions gardées, bien sûr !). De celles que l’on choisit méticuleusement car l’on sait qu’elles sont destinées à durer. De celles façonnées des mains de passionné(e)s, savamment, patiemment. Et surtout, de celles qui ont une histoire et qui sont porteuses de valeurs chères à mon cœur.

Sans cette passion, pour la création autant que pour les mains qui la façonnent, « Et si deux mains » ne serait qu’une coquille vide, dénuée de sens.

Et malgré elle, je pense que mon intérieur obéit à une certaine forme de minimalisme. Bien sûr, pour certain(e)s, la décoration ne se résume guère qu’à des objets destinés à prendre la poussière… Mais quand je regarde chaque création, je vois bien plus qu’un simple objet. Quand je la regarde, je m’enivre à travers elle de la passion de celui ou celle qui l’a façonnée de ses mains, je m’enrichis des valeurs qu’il / elle souhaite porter de par le processus de création pour lequel il a opté. En d’autres termes, loin de n’être qu’un simple plaisir des yeux, elles nourrissent mon esprit. Et cela, c’est essentiel à mes yeux. N’est-ce pas là une question chère à qui souhaite cheminer vers plus de minimalisme ?

Et vous, pensez-vous que le minimalisme supporte que l’on nourrisse non seulement nos besoins primaires, mais aussi ceux qui nous semblent essentiels ?

Note ❤️ : Rédiger cet article – qui sera suivi de deux autres – est particulièrement important pour moi puisque ce faisant j’ai le privilège d’apporter ma modeste contribution à l’éco défi « faire le vide chez soi » de Natasha (Echos Verts). Un privilège d’autant plus apprécié que j’éprouve énormément d’estime pour Natasha, que ce soit en tant que personne ou en tant que blogueuse. Chacun de ses articles est l’occasion pour moi de faire un pas de plus dans mon cheminement écologique, et je l’en remercie infiniment… Si de votre côté la perspective de faire le vide chez vous est enthousiasmante, n’hésitez pas à vous inscrire à cet éco défi en suivant le lien ci-dessus !

Crédit photo : Et si deux mains

10 Comments

    • Merci beaucoup Natasha 🙂 ! Et surtout, un grand merci à toi pour ta confiance .

  1. Je n’avais pas totalement pris conscience de ce retour à nous-mêmes… Ton article fait prendre conscience de plein de choses.
    Mon intérieur est loin d’être épuré avec toutes mes petites bricoles de papier, mes fleurs séchées et mes plantes mais ça cogite dans ma tête ! En faite, j’aime les intérieurs où « il y a de la vie » (autrement dit, où c’est le bazar) mais ça passera peut-être! 🙂
    Et j’ai hâte de lire le prochain article.

    • Merci ma belle, je suis ravie que ces quelques mots t’apportent, un peu … Pour ma part j’aime les intérieurs épurés (pas totalement lisses, non, avec quelques objets choisis soigneusement) mais c’est une question très personnelle ! Et de ce que tu nous laisses entrevoir de ton intérieur, bien que moins épuré, il renvoie une image de naturel et de sérénité bien douce à mes yeux .

  2. Tu as su trouver les mots pour parler très joliment de cette démarche chère à mon cœur qu’est le minimalisme, avec son impact environnemental, certes, mais également le choix et la qualité des objets dont on cherche à s’entourer 💗 ton article est parfait, merci pour ça ! J’aime ce concept, j’aime cette philosophie que je tente d’appliquer chaque jour dans ma vie. Parfois compliqué à mettre en place avec 2 enfants en bas âge, mais je tente cependant de les éduquer dans ce sens également, c’est une valeur prioritaire pour moi, avec l’honnetete, le respect et la politesse (des valeurs qui se perdent… serais-je vieille France ?). Très belle journée à toi, qu’elle soit douce et remplie de petits bonheurs !

    • Oh, merci beaucoup Anne ! Je suis ravie que ces quelques mots fassent écho en toi… En effet cela ne paraît pas toujours évident à appliquer avec de jeunes enfants, d’autant que tous les parents ne sont pas (encore ?) dans cette démarche, ce qui rend la tâche encore plus compliquée. Et non, tu n’es pas vieille France, je te rejoins entièrement ! Très belle journée à toi également, continue de nous faire rêver avec tes pampalam si craquants !

  3. Merci pour ce bel article, Marion !
    Je trouve vraiment très élégant ce pont que tu jettes entre minimalisme et écologie. C’est vrai que la plupart du temps, l’un mène à l’autre (et c’est valable pour beaucoup de « disciplines » qui portent sur l’éthique et le « réfléchir avant de faire »), et que c’est difficile d’expliquer le pourquoi – ce qui nous fait passer pour une nouvelle sorte de fashion victim à ceux qui regardent ça de l’extérieur. C’est comme un engrenage dans lequel on aurait mis le doigt et qui détricote petit à petit tous nos systèmes de pensées et nos modes de vie. Tu éclaires d’un jour nouveau ce cercle vertueux !
    Je découvre ton blog aujourd’hui grâce à Natasha (on pourrait la renommer « Celle-par-qui-tout-arrive :P), et je crois que je vais fréquemment revenir… 🙂
    Belle journée à toi, et au plaisir de te relire !

    • Oh, merci beaucoup Anne-So, je suis très touchée par tes mots ! J’aime beaucoup cette idée de « détricoter » qui rejoint vraiment mon ressenti, à savoir que chaque pas en entraîne un autre puis encore un autre… Au plaisir de te revoir par ici (ou sur ton futur blog 😉 ?) !

  4. Quel joli article sur le minimalisme. Je le trouve très inspirant…. je suis encore très très loin d’un intérieur épuré, j’ai longtemps tout gardé dans un soucis de recycler, ne pas jeter, réutiliser… avant de comprendre il y a peu que ces objets m’encombraient plus qu’autre chose. La voie est longue jusqu’à l’essentiel (surtout avec un bébé) mais elle est riche d’enseignements sur soi. Merci pour ton article….

    • Merci beaucoup pour ton retour Lola ! Oh, comme je te rejoins sur cette difficulté à se séparer d’affaires sous prétexte de ne pas vouloir jeter… D’ailleurs les premiers témoignages de blogueuses minimalistes publiés sur le blog de Natasha m’ont permis de faire encore un pas en ce sens :). Comme quoi, on avance tous les jours un peu plus ! Belle journée à toi 🙂

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