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Qu’est-ce qu’une création éthique ?

création-éthique

Ethique : « qui concerne la morale », celle-ci pouvant être définie comme la science du bien et du mal. Si l’on se fie à cette seule définition donnée par l’illustre encyclopédie Larousse, il semble bien difficile de déterminer ce qu’est une création éthique. Devons-nous alors nous en faire notre propre idée, selon notre perception de ce qui est bien et ce qui ne l’est pas, résultant elle-même – au-delà de ce qui est communément admis comme tel -, de notre sensibilité personnelle ?

L’artisanat, un premier pas vers une consommation plus éthique

Quand j’ai décidé de (re)prendre ma plume, il me paraissait inconcevable de ne pas promouvoir des créations qui me paraissaient éthiques.

Bien sûr, ma façon de consommer est à bien des égards loin, très loin d’être exemplaire… Malgré tout, j’essaye de conscientiser mon acte de consommation en me tournant de plus en plus vers de jeunes marques / artisans dont la démarche fait écho en moi. Vers des produits faits main, dans de bonnes conditions – et avec passion ! -, essentiellement en France. Vers des artisans soucieux de renouer avec ou faire perdurer des savoir-faire parfois ancestraux. En cela, l’artisanat me parait un premier pas vers une consommation plus éthique.

Et, au-delà du simple fait de savoir où va notre argent, qu’il est délectable de nouer des liens avec celui ou celle qui se cache derrière la création…

Pour autant, ne serait-ce pas une erreur de ne considérer que l’aspect humain d’un produit ? Si artisanale soit-elle, une création a-t-elle du sens si elle n’est pas conçue dans le respect de la nature ? En d’autres termes, l’éthique se cantonne-t-elle à celui qui crée ou englobe-t-elle la matière à partir de laquelle il crée ?

L’aspect humain d’une création suffit-il à la rendre pleinement éthique ?

En créant « Et si deux mains », m’orienter vers de jeunes marques / artisans sensibilisés à l’environnement et de fait désireux de se placer dans une démarche éco responsable me paraissait comme une évidence.

Pourtant, ce n’est que grâce à ces premiers échanges passionnants avec ceux qui savent que j’ai réellement pris conscience de l’importance de la matière autant que celui ou celle qui la façonne.

Non, cet amour des matières naturelles n’est pas nouveau pour moi. J’ai toujours pris plaisir à apprécier la douceur du coton comme l’aspect rugueux du lin ou du chanvre. Sentir les douces essences du bois. Noyer mon regard dans ses veinures… Et, de plus en plus, me surprendre à sourire en sentant le soleil sur ma peau, m’émerveiller du doux chant des oiseaux, me ravir de l’odeur de la terre encore humide après les pluies d’été…

Simplement, auparavant, je n’étais pas autant en quête de sens… Ainsi, jusqu’à il y a quelques temps de cela je n’avais aucune idée de l’impact écologique (désastreux) du coton, pour ne citer que lui.

Création éthique Greenma Mon petit drap Note Suave

Revenons quelques années en arrière :

Je venais de découvrir la saveur des fruits et légumes bio. Si mes papilles étaient immédiatement enchantées, ma conscience, elle, venait tout juste de s’éveiller.

Manger bio est sans doute un premier pas d’autant plus facile à faire vers l’écologie que l’on en sent le bénéfice immédiat, avec ce plaisir si concret d’une nourriture qui a du goût. S’en sont ensuivis d’autres petits gestes : consommer des produits de saison, essentiellement faits maison, et le plus possible locaux. Mais il aurait été dommage de s’arrêter à la seule assiette… C’est ainsi que petit à petit les produits jetables ont été remplacés par leur équivalent réutilisable, les cosmétiques liquides par des solides, et ainsi de suite…

Une fois ces consommables (alimentation, hygiène…) devenus plus éthiques, il me restait encore à me pencher sur le cas épineux des produits faits pour durer. Et c’est là qu’une bonne connaissance des matières premières utilisées prend véritablement tout son sens.

La dimension écologique, une nécessité pour qu’une création soit pleinement éthique

Prenons une housse de coussin, par exemple. Abstraction faite de la dimension humaine, qui a évidemment son importance, celle-ci n’aura pas le même bilan écologique si elle est faite de coton, de lin ou de chanvre, si l’on utilise du tissu ancien ou de première main, s’il est teinté ou non… De même que tous les bois n’auront pas le même impact selon la gestion qui est faite (ou non) de la forêt.

Et oui, derrière les vêtements dans lesquels nous prenons plaisir à nous glisser chaque matin, derrière chaque objet dont nous nous entourons, deux aspects doivent à mon sens coexister pour que nous puissions qualifier ces vêtements, cet objet d’éthique : la dimension humaine, celle-là même qui a donné naissance à « Et si deux mains », mais aussi la dimension écologique des matériaux utilisés.

En gardant en tête que privilégier l’artisanat, même celui qui ne se revendique pas éco responsable, est déjà un premier pas vers de créations plus éthiques. Il nous arrive à tous / toutes de craquer pour une – somptueuse – création dénichée au hasard de belles balades, moi la première ! Cela n’empêche pas qu’il me tient à cœur de consommer moins mais mieux…

Ce qui n’est pas sans faire penser au cheminement vers le minimalisme, qu’il me tarde d’évoquer, même si pour ma part le chemin vers plus de simplicité est passé presque inaperçu tant il tombait sous le sens.

Et vous, quels sont les critères qui font d’une création une création éthique à vos yeux ?

Crédit photo : Et si deux mains

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J’aime: écrire, encore et encore, découvrir, apprendre, m’apprendre, rire de tout (ou presque), rire de rien (surtout), rire de moi (et pourquoi pas?!), marcher, marcher, ne surtout pas me poser, m’enthousiasmer de ces petits riens qui mis bout à bout forment un tout…

11 Comments

  1. Kantutita - Birds and Bicycles says

    C’est vraiment intéressant ta réflexion sur la matière, et je me réjouis de suivre ce site et de découvrir tes interviews & portraits d’artisans et créateurs, ainsi que tes futurs articles sur les matériaux.
    La question est toujours épineuse! Je suis aussi une adepte de coton, et pourtant…comme tu dis sa production n’est pas satisfaisante. Je tente de faire attention à ma consommation, mais on a souvent l’impression de devoir choisir la solution « la moins pire », ce qui est déprimant et en décourage sans doute certains.
    Je te rejoins aussi sur le fait que l’ « éthique » a aussi une part de sensibilité. Tu évoques l’écologie et la durée de vie des objets, par exemple si on prend le cuir c’est un matériau qui va durer longtemps – mais qui ne sera pas considéré comme « éthique » par les vegans. On voit aujourd’hui l’arrivée de la dénomination « cuir vegan » partout pour désigner… du similicuir, du plastique, pas durable! Ce marketing m’énerve personnellement…
    Sinon, ton classement des billets par matière est une super idée!
    À bientôt, 🙂

    • Merci beaucoup pour ton commentaire ?. Je suis ravie que mon article t’ait plu, il m’est toujours plus difficile de livrer des réflexions qui pour moi relèvent de l’intime. Oh, tu sais, je suis la dernière a jeter la pierre à celles et ceux qui consomment encore du coton, la majorité de mes vêtements le sont encore (en coton bio, certes, mais en coton). Cela tombe bien, c’est justement le thème de mon article de vendredi, et pour être honnête, depuis que je l’ai écrit, je ne regarde plus ma (au demeurant, superbe !) salopette en jean. Pour mes prochains achats vêtements, je vais sérieusement réfléchir à des alternatives. Pour ce qui est ensuite du cuir vegan, j’avoue que comme toi, même si dans l’absolu j’estime ne pas avoir à porter de jugement sur ce mode de vie, dont la philosophie est fort louable, je peine à y voir de l’intérêt quand le substitut au produit animal est du plastique. En revanche, s’agissant de bioplastiques issus d’ananas, par exemple, pourquoi pas ?. Enfin, je suis contente que ce classement te plaise ! Passe une belle soirée, à bientôt ?

    • Je me permets de prendre part à la discussion car j’essaie de devenir vegan. Il faut savoir que comme le coton, le cuir est plutôt naturel mais extrêmement polluant à cause du tannage et des produits chimiques utilisés (sans parler de l’aspect éthique lié l’animal, qui reste la cause principale des vegan). Perso, j’arrête le cuir mais j’essaie de trouver des marques qui utilisent des matières écologiques et/ou recyclées, comme le dit l’auteure du blog dans son commentaire (ou consommer d’occasion) 🙂 J’essaie de faire découvrir des marques qui vont dans ce sens : éthique humainement, écologique et vegan 🙂 Du coup je suis aussi très attirée par le naturel !

      • Oooh, je suis affreusement en retard, pardonne-moi… Je comprends tout à fait ton point de vue et je le respecte ?. Pour l’instant la question de cuir / cuir vegan ne s’est pas encore posée pour moi puisque je me satisfais des 3 paires de chaussures que j’ai pour toute l’année et que je les finis ?. Mais en effet c’est une question qui va se poser la prochaine fois que je serai amenée à acheter une paire de chaussures, et qui méritera réflexion ?. Merci de t’être dévoilée un peu ici, ton blog est très joli, et je suis ravie de voir qu’il t’importe aussi de valoriser des marques qui se veulent éco responsables. Belle soirée !

      • Aucun souci ^^
        Merci d’avoir pris le temps de me répondre !

        C’est bien de ne pas avoir 100 paires de chaussures je trouve et de les utiliser jusqu’au bout !

        Merci aussi d’être passée sur mon blog 🙂

      • Avec plaisir, j’aurais du le faire bien avant ? ! Oh oui, si je m’écoutais je n’en aurais qu’une (ma paire de baskets, que je porte… Au moins 300 jours par an !) mais il faut reconnaître qu’en hiver les bottines sont plus présentables si besoin… Et qu’en été les chaussures ouvertes sont bienvenues ? ! Et pour ton blog, tout le plaisir est pour moi, j’aime découvrir de nouvelles perspectives ?

      • Oui au final je mets toujours les mêmes chaussures aussi, mais plus que toi quand même ^^

        À bientôt et bonne soirée 🙂

  2. Hey, c’est un peu vers quoi je me dirige aussi et ce dont traite mon blog ! Il y a beaucoup de conséquences derrière nos actes !

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