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Artisanat d’Art : MillMakers met en lumière « l’empreinte de l’effort »

Boutique d'artisanat Millmakers : valorisation de l'empreinte de l'effort

 « Un produit, un objet, c’est toujours une histoire. Il porte en lui l’empreinte de l’effort de son créateur ». Ces quelques mots couchés sur le papier résument à merveille l’impact de notre propre consommation, que l’on tende à la raisonner ou que l’on achète sans s’interroger sur ses conséquences (humaines, environnementales…). Dans les deux cas, nos possessions ne sont-elles pas le reflet de l’effort de celui qui les a créées ? C’est un fait, celles acquises à bas prix ont corrélativement un coût dont on n’a pas toujours conscience : recours au travail d’enfants, exposition à des substances toxiques, déforestation…

Mais l’empreinte de l’effort, ce sont aussi ces textiles tissés main, savamment, patiemment. Cette vaisselle, elle aussi tournée main et d’une rondeur parfaitement imparfaite ; ces plateaux en bois portant encore la trace du ciseau utilisé pour les façonner, par inadvertance peut-être. Parfois, on les déniche au détour d’une venelle, quand d’autres fois elles nous viennent du bout du Monde. Mais peu importe l’endroit où elles sont conçues, toutes portent cette idée d’un travail « hand made, slow made, well made », qui a du sens aussi bien pour leur créateur que pour leur détenteur. Et c’est justement mue par le désir de valoriser le travail de ces créateurs d’exception qu’Agnès a créé sa boutique en ligne MillMakers :

Millmakers est né de vos nombreux voyages. Ces différentes expériences ont-elles changé votre regard sur le Monde ?

Bien sûr. Et ce qui m’a sans doute le plus marquée, c’est le rapport que chacun entretient avec l’environnement : certains pays, certaines populations se sentent sensiblement plus concernés que d’autres. C’est le cas par exemple des Pays Nordiques et des Pays-Bas en particulier (un pays qui m’est familier de part les origines de mon conjoint).

À mon tour, je me suis remise en question et interrogée. Comment vivre mieux ? Réduire mon, notre empreinte sur la Terre? Mettre en œuvre une consomma(c)tion de manière éco-consciente et responsable? Comment être actrice de cet avenir que nous sommes en train de construire pour les générations à venir ?

Consommer ne rime pas nécessairement avec gâchis, malfaçon et pollution…

Boutique d'artisanat Millmakers : valorisation de l'empreinte de l'effort

❝ Consommer peut être le moyen de redonner
du sens au collectif ❞

en s’inscrivant dans l’histoire, la connaissance et la promotion de savoir-faire, qu’ils soient ancestraux ou non. En reconnaissant l’empreinte de l’effort des créateurs.

L’autre chose essentielle à retenir de tous ces voyages, c’est que la création n’a ni couleur, ni terre de prédilection. Elle est citoyenne du monde, et toute cette richesse est une vraie chance pour nous tous.

Pour finir, voyager a renforcé mon sentiment d’humilité : le talent est partout.

Y a-t-il des destinations que vous avez préférées / auxquelles vous avez été plus sensible en termes d’artisanat ?

Le Japon reste ma destination de prédilection. L’artisanat y est très développé et aussi très valorisé. Le rapport à l’objet est intrinsèquement lié à son histoire et au travail de l’artisan qui lui a donné vie. Pour autant, Millmakers a pour l’instant choisi de ne pas représenter l’artisanat japonais, non par manque d’intérêt, mais pour deux raisons.

La première, parce que j’ai la conviction profonde que la France – et plus largement l’Europe – foisonne de talents susceptibles de fournir des produits d’artisanat d’une qualité similaire à celle que l’on peut dénicher au pays du Soleil Levant. Bien que profondément attachée à cette terre du Japon, je pense que le « made in Japan » n’est pas non plus un blanc-seing.

Soucieuse de réduire notre empreinte écologique, il m’a donc semblé plus opportun de nous limiter à des fabricants plus proches de chez nous.❞

Ce à deux exceptions près sur lesquelles je reviendrais ultérieurement (et qui n’ont pas vocation à être plus nombreuses). La seconde, parce que ce marché est déjà bien représenté. On peut trouver nombre d’entreprises, petites ou grandes, spécialisées dans l’importation de produits réalisés par des Artisans Japonais… Et certaines font cela très bien !

Si vous deviez décrire l’univers de Millmakers en quelques mots, quels seraient-ils ?

Je dirais qu’il s’agit avant tout de privilégier le SAVOIR et le SAVOIR-FAIRE en proposant une gamme d’objets UTILES, qui ont une vraie fonction dans notre quotidien : Cuisiner, Ecrire, Lire… Autant d’activités qui participent à l’épanouissement de chacun.

Il s’agit par ailleurs de s’enrichir. Spirituellement aussi, d’où la présence des Kokeshis Vintage (l’une des exceptions précitées). On prête en effet à ces petites poupées japonaises certaines vertus apaisantes pour la maison.

Exception faite des Kokeshis, la catégorie objets de décoration est inexistante du site millmakers.com et n’a pas vocation à s’agrandir. Ce serait même plutôt l’inverse. Je ne suis bien sûr pas en train de dire que la décoration n’a pas vocation à être utile ! En revanche, je pense  qu’il est de notre devoir de la ramener à l’essentiel en privilégiant par exemple quelques belles pièces, plutôt que d’amasser puis accumuler des choses sans utilité.

Je milite pour un retour à la contemplation. De la nature. De l’Art (Les deux sont au fond assez proches). Une vie AUSSI offline.

Loin des effets de la mode, Millmakers propose une sélection pointue d’objets intemporels appartenant à l’univers de la maison. Au-delà d’un simple site commercial, il nous tient à cœur de redonner du sens à la valeur travail via cette idée d’empreinte de l’effort qui nous est chère.

Boutique d'artisanat Millmakers : valorisation de l'empreinte de l'effort

❝ Créer une nouvelle expérience de consommation et d’initiation à l’authenticité et au beau, où consommer peut être la source d’un plaisir plus généreux, utile et esthète. ❞

Vous êtes animée par l’idée de valoriser le « savoir-produire » et le « savoir-consommer ». Pouvez-vous nous en dire plus ?

Il me semble qu’à l’époque où nous vivons, il n’est plus responsable d’acheter sans (se) questionner sur la façon dont un produit a été fabriqué, ni de consommer sans modération. Sans se soucier de la qualité. De la fiabilité. Ni de l’utilité. Nous devons lutter contre l’obsolescence programmée en choisissant des objets éthiques, utiles, fabriqués à partir de matières de qualité et durables, dans de bonnes conditions.

C’est la raison pour laquelle je suis particulièrement attachée à l’idée de mettre en valeur des produits porteurs d’histoire et / ou qui – pour les magazines – relayent l’histoire d’individus hors normes, au parcours de vie souvent hors des sentiers battus et marqués par l’authenticité.

MillMakers a pour vocation d’explorer et de partager ces histoires, de mettre en lumière l’effort qui les a fait naître en chinant et partageant des objets/ savoirs intemporels et les instants qui vont avec. Nous souhaitons par ailleurs faire notre part en reversant 5% de nos ventes au mouvement citoyen Colibris. Cette association fait sens pour nous notamment en promouvant le savoir consommer et cultiver autrement.

Pensez-vous que ce retour à un mode de vie plus raisonné soit possible sans sacrifier la notion de plaisir ?

Absolument et ce, sans aucune hésitation. Le mariage de l’utilité et de la proximité est à la portée de chacun : il s’agit avant tout d’une question de choix. Et choisir, c’est renoncer. Renoncer à l’accumulation et à la « fast consommation » en prenant le temps, en sélectionnant, en pesant le pour et le contre, en se posant les bonnes questions. En prenant le temps de la réflexion.

❝ Au fond, il s’agit de faire l’éloge de la lenteur et, avec elle, d’une certaine paresse à consommer. 

Je préfère que nos clients achètent moins mais mieux, non seulement en privilégiant l’utilité et la qualité, mais aussi un prix juste. Dans cette idée, nous avons délibérément choisi de limiter nos marges. D’une part, parce que la boutique Millmakers étant une aventure 100% digitale, il est honnête pour le consommateur de ne pas avoir à supporter dans son prix d’achat les coûts d’une boutique qui pour l’heure n’existe pas (encore).

D’autre part, pour des raisons de philosophie. Nous souhaitons en effet que les produits que nous sélectionnons soient accessibles au plus grand nombre.Je rejette l’idée que la qualité et le « bien pensé » ne soient réservés qu’aux plus aisés, un peu comme le bio, trop souvent inabordable. Il s’agit de privilégier un circuit court, des ateliers à nos habitations.

Boutique d'artisanat Millmakers : valorisation de l'empreinte de l'effort 

Quelles en sont les implications sur la manière dont vous sélectionnez les artisans dont vous nous proposez des créations ?

Dans une époque où tout n’est que modernité, vitesse et instantané, je privilégie avant tout les hommes et les femmes qui prônent un certain retour à la tradition. Et, avec elle, aux choses simples. Il s’agit majoritairement de personnes engagées, passionnées qui véhiculent naturellement cette idée de l’empreinte de l’effort. D’utilité et de pérennité. Tous ont en commun le souci du bien produire, du durable et de l’authenticité. Et, au delà de la tradition,

❝ Je souhaite inviter chacun et chacune à renouer avec le rituel et la transmission. ❞

Voilà pourquoi FUGA, qui s’emploie à produire des objets en chêne inspirés de la vaisselle russe traditionnelle, est présent dans notre offre bien qu’implanté en dehors de l’Europe (il s’agit de la deuxième exception).

Pour l’heure, Millmakers travaille à la création de sa propre ligne, dont le lancement est prévu pour le courant de l’année 2019.

Votre site est conçu comme une réelle invitation à nous laisser bercer par l’histoire de chaque artisan. Pourquoi cette approche vous est-elle si chère ?

Tout est résumé dans l’empreinte de l’effort, ce même effort qui a le pouvoir de rendre un objet vivant, de lui attribuer une âme. Et surtout, de ne jamais le tenir à distance du travail de l’artisan qui lui a donné vie, qui l’a façonné, sculpté, modelé.

❝ Redonner du sens à la valeur travail. 

Note 🖤 :MillMakers est pour moi un réel coup de cœur, de ceux qui procurent doux vertiges et voluptueux frissons.   Dès que nos yeux se posent sur les photos glissées sur son  compte Instagram, on ressent le désir sincère d’Agnès de rendre hommage à la beauté dans sa simplicité. A l’authenticité. On devine l’amour qu’elle porte au travail bien fait, on sent le soin méticuleux apporté au choix de créations triées sur le volet. Et, si notre sensibilité nous a amené(e) à pousser la porte de sa boutique en ligne, on comprend immédiatement que loin de n’être qu’une esthète, Agnès est désireuse de porter haut et fort les valeurs qui lui sont chères, à commencer par la valeur travail via cette idée très impactante d’ « empreinte de l’effort ».

Auparavant, je n’avais jamais réfléchi en ces termes. L’empreinte de l’effort. Pourtant, ces mots, j’aurais aimé les écrire… Et je les ai longuement savourés, comme pour les graver en moi, tant ils font écho à ma pensée et à mon propre rapport aux objets. Et si comme Agnès, si comme moi vous pensez que chaque création artisanale est unique car chargée d’âme, vous devriez apprécier flâner sur MillMakers. Quelle que soit la page où nous mènent nos flâneries virtuelles, la part belle est faite à l’histoire de ces créateurs d’exception et de leurs créations, qui n’ont jamais semblé porter aussi bien le nom « d’artisanat d’Art ».

Crédit photo : Et si deux mains

Vous souhaitez, vous aussi, valoriser l’empreinte de l’effort ? Prônons ensemble sur Pinterest ce désir de consommer autrement !

Millmakers, boutique d'artisanat d'exception

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J’aime: écrire, encore et encore, découvrir, apprendre, m’apprendre, rire de tout (ou presque), rire de rien (surtout), rire de moi (et pourquoi pas?!), marcher, marcher, ne surtout pas me poser, m’enthousiasmer de ces petits riens qui mis bout à bout forment un tout…

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