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Minimalisme : l’art de faire régner l’ordre en maître

faire régner l'ordre chez soi : quelques astuces
Non, ne partez pas ! Moi non plus, je n’aime pas les titres riches en promesses parfois non tenues… Et je les aime d’autant moins quand ils touchent au minimalisme : loin de n’être qu’une simple conception de l’intérieur rêvé, c’est une réelle philosophie de vie. Faire du tri chez soi n’aurait aucun sens si l’on ne saisissait pas cette occasion pour s’apprendre ! Sans ce cheminement personnel, il me paraît (quasi) impossible de faire régner l’ordre durablement chez soi… Malgré tout, je souhaitais vous partager les quelques gestes qui se sont instaurés assez naturellement au fil du temps pour enfin caresser du bout des doigts l’intérieur minimaliste dont je rêve. Oh, ce ne sont que quelques idées posées sur le papier, comme pour les entériner. Ni follement originales, ni particulièrement miraculeuses, elles s’avèrent toutefois rudement efficaces me concernant :

« Une place pour chaque chose, chaque chose à sa place »

Du plus loin que je me souvienne, j’ai été fascinée par le Beau. Quand j’étais chez quelqu’un d’autre, je ne pouvais m’empêcher d’imaginer ce que serait la pièce dans laquelle je me trouvais, façonnée par des mains différentes.

De l’agencement global à l’emplacement de chaque objet, sans oublier le choix des couleurs, je repensais tout dans les moindres détails jusqu’à trouver ce qui me semblait être l’équilibre parfait. Déjà alors, j’éprouvais de l’attrait pour les couleurs claires (qui n’ont pas leur pareil pour illuminer une pièce) et les atmosphères ordonnées et épurées.

Il y a probablement à cela une part d’éducation, puisque mes parents accordent de l’importance à l’idée de faire régner l’ordre chez eux : j’ai été élevée dans l’idée d’ « une place pour chaque chose, chaque chose à sa place ». Et si par la suite j’ai appris à penser (le plus possible) par moi-même, si depuis je me suis allègrement affranchie – à tort ou à raison – de certains pans de mon éducation, c’est un procédé qui est ancré dans mon quotidien aujourd’hui encore.

C’est une évidence : quand chaque objet dispose d’une place attitrée (et qu’on prend soin de l’y ranger après l’avoir utilisé !), on gagne en temps et en tranquillité d’esprit, n’ayant pas besoin de le chercher quand le besoin s’en fait ressentir… Avouez qu’il est désagréable de remuer ciel et terre pour l’objet que l’on ne retrouve pas et dont on a – forcément – un besoin vital à l’instant T !

minimalisme : astuces pour faire régner l'ordre chez soi

Quid des objets qui n’ont pas de place attitrée ?

Vous savez, ces petits objets qu’on laisse s’accumuler faute d’avoir le temps (ou l’envie) de s’en occuper et qui mettent en échec toutes nos tentatives pour faire régner l’ordre : un bouton décousu, un petit objet à réparer, ces petites pièces qui augmentent considérablement le poids de notre porte-monnaie… Pour ma part, cette question est restée en suspens longtemps, les journées semblant toujours bien trop courtes pour consacrer de mon précieux temps à des considérations aussi triviales ! Alors, je me contentais de rassembler au même endroit ces objets avec une certaine lassitude à l’idée de ne pas réussir à faire régner l’ordre dans les moindres recoins.

Peaufiner mon grand tri a donc été l’occasion de me pencher sur la question de ces objets et d’enfin mettre un terme à ce bazar résiduel que j’abhorrais. Les objets et vêtements nécessitant une réparation ou retouche ont été soient pris en mains, soit donnés quand leur état le permettait. Les petites pièces, elles, ont réintégré la place qui aurait déjà dû être la leur dans mon porte-monnaie… Avec, en tête, l’interrogation suivante : si vraiment on ne parvient pas à attribuer une place à un objet, cet objet a-t-il réellement sa place chez nous ?

Quid alors des nouveaux objets qui font leur apparition chez nous ? C’est un fait, même en adoptant une consommation raisonnée, nous brassons régulièrement de nouveaux objets. S’astreindre à les ranger (ou à les traiter quand il s’agit de démarches) au quotidien n’occupe finalement que quelques minutes de notre temps et permet de libérer l’espace et l’esprit. Ce qui amène doucement au second geste, qui, s’il peut sembler évident, simplifie grandement cette première habitude :

Ne pas laisser entrer (trop) de nouveaux objets dans son intérieur

J’imagine que je suis loin d’être seule dans ce cas, mais je me suis rendue compte au fil de mon propre tri que mon principal point faible était de ne pas oser dire non, essentiellement par crainte de blesser. Il est toujours délicat de refuser un objet gentiment proposé par nos proches !

La conséquence ? Je laissais entrer dans mon intérieur des objets qui ne m’étaient pas essentiels. Finalement, une fois passé le plaisir éphémère de dire oui (ou devrais-je dire, la bonne conscience à l’idée de ne pas avoir dit non?), ne restaient que des objets dont je n’avais pas l’utilité et qui s’accumulaient…

Oser un timide non, fermer doucement la porte à ces objets qui ne nous sont pas essentiels oblige à prendre sur soi, pourtant le bénéfice en est évident : on limite la quantité d’objets que l’on possède et donc le degré d’encombrement de notre intérieur… Ce qui facilite nos efforts pour faire régner l’ordre. Et si décidément on n’y arrive pas, la piste suivante peut s’avérer utile :

minimalisme : astuces pour faire régner l'ordre chez soi

Faire sienne la devise « Un objet qui rentre, un objet qui sort »

Parfois, il est difficile de faire taire un coup de cœur… Dans l’absolu, ce n’est pas un mal, tant que nous ne succombons pas à nos envies – souvent passagères, si fortes soient-elles sur le moment – tous les jours ! Et si malgré tous nos efforts pour minimiser ce qui entre chez nous, on pense que l’objet de notre convoitise nous est essentiel, se poser la question de celui dont on se délestera pour lui donner sa place peut mettre un terme à ce qui n’était finalement qu’une envie fugace.

Car si auparavant on a effectué un véritable travail sur soi à l’occasion d’un tri pour ne conserver que ce qui nous est essentiel, il n’est pas évident de se séparer d’un objet qui a trouvé grâce à nos yeux pour une raison ou une autre… Chaque nouvel objet qui serait similaire à l’une de nos possessions existantes devrait donc être encore plus adapté à la personne que nous sommes devenu(e) !

Attention toutefois, ce geste me semble difficile à mettre en pratique quand on amorce tout juste notre cheminement minimaliste et nécessite d’avoir parfait sa connaissance de soi auparavant. Dans le cas inverse, on court le risque de justifier des achats qui ne nous sont pas réellement essentiels en se disant que cela n’est pas grave puisque l’on ne fait que remplacer un autre objet… C’est certes vrai, puisque la quantité d’objets que nous possédons n’évolue pas (ou peu), ce permet d’oser espérer faire régner l’ordre. Toutefois, cela me paraît aller à l’encontre de l’essence même du minimalisme (sans aborder l’épineuse question de l’écologie).

Ces trois gestes, peut-être évidents, me permettent de faire régner l’ordre en maître dans mon intérieur. Il me semble toutefois essentiel de rappeler que le minimalisme, en tant qu’art de vivre, ne comporte pas une seule mais de multiples facettes, d’où l’importance, en premier et dernier lieu, de :

Savoir s’écouter

Ça y est, nous nous sentons prêt(e) a nous lancer dans notre grand tri, celui de toute une vie, avec en prime le fol espoir de parvenir à maintenir l’ordre de manière durable. Pour beaucoup, notre premier geste va être de nous renseigner sur les méthodes (efficaces, cela va de soi !) qui existent pour ce faire.

minimalisme : astuces pour faire régner l'ordre chez soi

Si cette quête d’informations est sensée, elle s’apparente à un chemin semé d’embûches tant les méthodes sont nombreuses ! D’aucun(e)s affectionneront la méthode drastique de Marie Kondo, tandis que d’autres lui préféreront le côté ludique du Minsgame… Et en soi, quelle importance ? Nous sommes toutes différent(e)s, avec notre sensibilité propre : ce qui est bon pour l’un(e) ne l’est pas forcément pour l’autre.

Cela me parait d’autant plus important dans le cadre du minimalisme dans la mesure où trier, vraiment, n’invite pas seulement à se défaire d’objets mais aussi à se livrer à une véritable introspection. S’emparer de chacune de nos possessions, jauger si elle nous est essentielle ou non, nous renvoie face à la personne que nous sommes devenu(e), avec nos forces et nos faiblesses. Peu importe alors que l’on ait opté pour telle ou telle méthode (ou aucune !), que notre tri dure quelques jours ou des semaines, que l’on se déleste d’un, deux ou 10 mètres cubes d’affaires, que l’on attribue telle ou telle place à un objet… Tant que l’on s’écoute !

“Apprends les règles comme un professionnel afin de pouvoir les briser comme un artiste” (Pablo Picasso)

Parfois, les règles préétablies ne nous conviennent pas. S’écouter, c’est aussi savoir s’en affranchir pour faire ce qui nous paraît le mieux pour nous. Par exemple, bien que je rejoigne Marie Kondo sur la nécessité de faire notre grand tri en une seule fois, j’ai gardé quelques rares objets qui dans l’absolu ne sont utiles ni à mon quotidien ni à mon bonheur à l’instant présent, mais que je n’étais pas prête à laisser partir. Pour certains, le déclic s’est fait en les reprenant à nouveau entre mes mains quelques mois plus tard, mais pour d’autres il ne se fera peut-être jamais… Pour l’instant, c’est ainsi et cela me convient (étant précisé qu’ils sont peu nombreux et peu voraces en place, ce qui ne met pas obstacle aux efforts entrepris pour faire régner l’ordre).

Tout ceci pour dire que nul ne peut décider à notre place des possessions qui nous sont essentielles, quelles qu’elles soient. Et ce qui nous est essentiel aujourd’hui ne le sera plus nécessairement demain : tout comme elle peut différer de celle des autres, notre conception du minimalisme évolue au gré de notre propre cheminement…

La seule règle pour faire régner l’ordre en maître ? Il n’y en a pas !

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J’aime: écrire, encore et encore, découvrir, apprendre, m’apprendre, rire de tout (ou presque), rire de rien (surtout), rire de moi (et pourquoi pas?!), marcher, marcher, ne surtout pas me poser, m’enthousiasmer de ces petits riens qui mis bout à bout forment un tout…

12 Comments

  1. J’adore cet article et je suis ravie d’apprendre par ta newsletter que tu nous partageras de temps en temps un « vrai » bout de chez toi. J’aime te lire et je vois combien le livre de Marie Kondo a eu un effet sur toi, ton mode de vie et ton quotidien. C’est fou de se dire qu’un simple livre peut tout chambouler. Chaque objet et chaque livre a une place bien précise sur mon étagère et comme toi, je trouve ça apaisant. Malheureusement le manque de place fait que parfois, je me refuse à acheter de nouvelles choses. J’attends le jour où j’aurais plus de place pour donner davantage de valeur à tous ces petits trésors accumulés.

    • Merci beaucoup Maeva ! Je suis heureuse que cet article t’ait plu malgré le fait qu’il aborde un sujet abordé des milliers de fois…

      Oui, le livre de Marie Kondo a fait écho en moi. J’avais déjà lu, j’appliquais déjà « intuitivement » certains de ces gestes mais la magie du rangement a eu le mérite de donner une impulsion à mon grand tri et de me faire réaliser, vraiment, ce que m’apporte mon cheminement minimaliste. Mais… Je n’en dis pas plus, nous aurons le loisir d’en reparler d’ici la fin d’année 😉 !

  2. Merci Marion pour ce bel article, comme d’habitude, et ton oeil neuf et différent sur des sujets milles fois abordés, et souvent de manière banale, tu sais nous permettre d’ouvrir à nouveau notre réflexion sur ces sujets là. Moi aussi j’imagine à ma façon ce que pourraient être les pièces dans les maisons des autres, avec cette fascination du Beau, j’adore ! Je suis également ravie de pouvoir découvrir plus de ton chez toi et de ta philosophie du minimalisme.

    • Merci à toi Nina pour ta présence bienveillante 🙂 ! Et cela nous fait donc encore un point commun, j’espère que nous aurons le plaisir de refaire le Monde (ou les intérieurs 😉 !) de vive voix un jour…

      Je suis heureuse que ces quelques mots jetés sur le papier t’apportent un peu même si ce sont des sujets maintes et maintes fois abordés.

      Belle journée !

      • J’espère également que nous aurons l’occasion de parler de tous nos points communs et de nos cheminements de vive voix prochainement ! 🙂

        Belle journée à toi Marion.

  3. Isabelle says

    Cet article me rassure un peu sur mon besoin d’ordre et d’espaces épurés 🙂 Des fois, je me dis que c’est un peu suspect tant je me trouve un peu « extrême » sur ce sujet. Il m’arrive même de penser parfois que la vraie liberté serait de ne rien posséder de superflu, juste le nécessaire, et de n’être attachée à aucune possession matérielle, juste l’essentiel pour s’occuper de soi et ensuite être seulement occupée à voir les gens qu’on aime, vivre des expériences, ne collectionner que les moments, les souvenirs … !!!
    Et paradoxalement, moi aussi j’aime les belles choses et me faire plaisir de temps en temps (et j’ai une voiture, un ordi, un appareil photo … bref on s’éloigne du seulement nécessaire ou en tout cas ce qui m’est nécessaire a un impact sur l’environnement que je ne peux nier ) Du coup, votre réflexion sur le minimalisme (et les contradictions dans lesquelles on a parfois l’impression de se trouver) me parle beaucoup. Je me retrouve assez dans vos questionnements. Pour rebondir sur le précédent article « semeuse » plutôt qu’inflenceuse (hyper intéressant aussi) oui votre blog m’a amenée à acheter des objets dont je n’avais pas utilité si ce n’est celle de me faire plaisir. Mais du coup, j’apprécie de pouvoir le faire en m’offrant un objet qui est porteur de valeurs qui me semblent importantes. Mais ne nous voilons pas la face, ça reste un geste de consommation avec tout ce que cela implique derrière, dans l’état déplorable actuel de notre pauvre planète… Néanmoins, j’aime le fait que votre blog mette en avant des petites marques et des personnes qui ont un réel savoir-faire et une démarche loin de la grande distribution. Je pense à ÏU Jewellery que je suis depuis quelques années déjà et dont j’étais ravie de lire l’interview !!! J’espère que vous continuerez à « semer » plutôt qu' »influencer », au pire cela nous amène à acheter un bel « objet plaisir », mais au mieux à le faire de façon plus raisonnée… Bref, j’aime votre démarche raisonnée et votre positionnement, que je trouve au final extrêmement rare parmi les « blogueuses » qui pour la plupart encouragent sans même s’en rendre compte une surconsommation sans réflexion, y compris chez des blogueuses dites « green » …
    Je vous souhaite de garder cette ligne de conduite, et nous lectrice d’avoir toujours autant de plaisir à vous lire !

    • Merci beaucoup Isabelle pour ce retour approfondi ! J’ai le même ressenti quant à mon rapport aux objets, qui a beaucoup évolué ces derniers temps. Et comme vous, une partie de moi y est attachée, car j’aime les belles choses, j’ai mis tout mon cœur à les choisir… Mais j’aimerais être capable de m’en détacher, pour être vraiment libre.

      Je vous livre mes pensées telles qu’elles me viennent car je ne suis pas encore arrivée au bout de ce questionnement, mais je pense, me concernant en tout cas, qu’au fond si la situation l’exigeait, il serait possible de vivre sans car ce ne sont que des objets qui, si beaux soient-ils, n’égaleront jamais les moments. Est-ce mal, quitte à avoir moins de possessions, que celles-ci soient belles ? J’espère que nous aurons le loisir d’en reparler dans les prochains temps :).

      • Isabelle says

        Du coup oui c’est peut-être ça le vrai détachement : savoir apprécier les belles choses que l’on a, mais savoir qu’on pourra vivre sans si la situation l’exige, comme vous dites.
        🙂

    • Je suis par ailleurs heureuse que mon article sur mon désir d’être « semeuse » plutôt qu’influenceuse ait fait écho en vous :). Vos mots rejoignent précisément ma pensée : oui, l’idéal est de consommer le moins possible, mais quitte à le faire, autant valoriser l’artisanat et les créations éco responsables. Il est difficile de ne pas se perdre quand on écrit publiquement, par souci de plaire, de susciter un intérêt constamment renouvelé… Mais j’espère (bien que j’en sois de plus en plus convaincue) vous proposer encore et toujours un autre regard plutôt qu’une ode à la consommation, même « Green ». Au plaisir de vous lire 🙂 !

  4. Le minimalisme et l’ordre pour atteindre le Beau… On partage la même vision, je crois !
    Tes photos, d’ailleurs, reflètent toujours ton goût pour une beauté simple et épurée. C’est à chaque fois un délice pour les yeux 🙂

    • Merci beaucoup Nadège ! Je ne me l’étais jamais formulé ainsi avant, mais tu as raison, de plus en plus je pense que la beauté réside dans les choses les plus simples… D’ailleurs ma perception de la décoration a beaucoup changé au fil de ce cheminement. Je serais ravie de discuter avec toi plus en détails à l’occasion :). Belle journée !

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